19 Apr 2018 Récit Utilisation rationnelle des ressources

4 entrepreneurs de l'Asie-Pacifique tirent bénéfice de modes de vie sans plastique

La communauté internationale s'unit contre les déchets plastiques. Choqués par les images de la vie marine prises au piège dans les déchets plastique et alarmés par les études scientifiques démontrant que nous consommons de plastique sans le savoir, une vague de réactions pour faire face au problème s'est faite sentir.

L'Église d'Angleterre a suggéré d'abandonner le plastique pour le Carême. Les entreprises dénichent des marchés pour des bioplastiques comestibles innovants. Gouvernements après gouvernements ont annoncé plusieurs interdiction des plastiques jetables. Pour catalyser ce changement, des campagnes comme #CombattreLaPollutionPlastique seront sont au centre de la Journée mondiale de l'environnement et du Jour de la Terre dans le but de modifier fondamentalement nos habitudes plastiques.

Dans la région de l'Asie et du Pacifique, quatre entrepreneurs se sont mis au défi de s'attaquer à la pollution par les matières plastiques dans le cadre du défi pour des modes de vie à faible émission de carbone de l'ONU Environnement en Asie-Pacifique.  Le défi vise à mobiliser et soutenir les jeunes possédant des idées commerciales sur la façon de promouvoir des modes de vie à faible consommation d'énergie, à faible consommation de déchets et à faible émission de carbone. Parmi plus de 180 candidatures de jeunes entrepreneurs, quatre ont été sélectionnées et recevront un financement de démarrage de 10 000 dollars, ainsi qu'une formation intensive en commerce, développement durable et communication.

A tous les quatre, leurs entreprises suivent le principe des 3 R : réduire, réutiliser et recycler. Ils ont pour mission de montrer que les entreprises peuvent tirer profit d'un produit sans plastique.

Reduire

reduce
© Pratvadee Sananvatananont

L'idée gagnante de Pratvadee (Bonnie) Sananvatananont est d'ajouter la possibilité de refuser les couverts en plastique lors d'une commande pour la livraison d'un repas par le biais du système populaire en Thaïlande, foodpanda. La plupart des gens souhaitent que leur repas soit livré au bureau ou chez eux, où ils ont accès à des couverts durables, cependant, les couverts en plastique accompagnent automatiquement le repas. Si les clients optaient pour seulement 10% de toutes les commandes, le service pourrait se passer de 276 000 kits de couverts en plastique par an. Sananvatananont pense que le nombre de couverts économisé pourrait même être supérieur. L'environnement et la conscience des consommateurs ne seraient pas les seuls bénéficaires de cette mesure, elle revêt également un sens commercial étant donné que chaque ensemble de couverts coûte de l'argent. Sananvatananont présentera ce système de refus pour la Thaïlande, et investira les fonds dans la recherche et le pilotage pour la prochaine étape : les récipients et les sachets alimentaires utilisés pour livrer un repas seront biodégradables.

Réutiliser

Reuse
© Zero Waste

La native de Samoa Angelica Salele a remporté le prix grâce à son entreprise de production de produits d'hygiène féminine en coton réutilisable. Les serviettes hygiéniques jetables féminines contribuent aux déchets ménagers à travers le monde et mettent à rude épreuve les systèmes de gestion des déchets de l'île du Pacifique. Non seulement son produit contribuera à réduire le gaspillage, mais il sera également nettement moins cher que les produits jetables importés. Les serviettes hygiéniques jetables coûtent environ 15 dollars par mois, soit plus de 200 dollars par an, un montant considérable pour les personnes à revenu faible ou moyen dans le Pacifique. Salele développe actuellement des prototypes et espère lancer un nouveau produit abordable d'ici le milieu de l'année. Une autre double victoire pour la planète.

 

Recycler

Recycled helmet
(© Achmad Solikhin)

Achmad Solikhin, de l'Indonésie, a été récompensé pour sa technologie, BIOTIC, une matière plastique à base de plastique recyclé et biosourcé. Jeune chercheur dévoué, les questions au sujet de son invention allument des étincelles dans ses yeux. Il vous expliquera alors le rôle de la lignocellulose et des nanoparticules. À juste titre, le plastique qu'il a créé combine le plastique secondaire des installations de recyclage au bioplastique de n'importe quel déchet agricole, à la cellulose (il préfère les cultures de riz) et finalement une touche de nanomatériaux biosourcés pour rendre le plastique super durable. La première gamme de produits de Solikhin comprendra des casques élégants et à l'avenir, il prévoit de se lancer dans la production d'emballages compostables et de meubles.

 

Revalorisation des déchets

Upcycle
© Pamela Nicole Mejia

Pamela Nicole Mejia des Philippines s'est attaquée à l'un des plus gros pollueurs au monde : l'industrie de la mode. Phinix est une start up pour la revalorisation des déchets textiles qui assure la collecte et la transformation des vêtements et produits de la mode abandonnés par leurs propriétaires et les transforme en produits de grande valeur tels que des chaussures, des accessoires de mode plutôt que de les laisser s'accumuler dans les décharges. Au lieu de dire « recycler », ce qui implique généralement un « downcycling » de la valeur, elle préfère la formule « revalorisation des déchets », à savoir utiliser des déchets de textiles pour en faire quelque chose de plus précieux que les matériaux d'origine.

Dechen Tsering, directrice de l'ONU pour l'environnement dans la région Asie-Pacifique, affirme : « Les déchets plastiques représentent une problématique d'une extrême urgence pour notre région. Nous sommes à la fois les plus grands contributeurs aux déchets marins et les témoins de la croissance des déchets plastiques dans nos océans. Nous devons être les premiers à lancer des solutions. Le talent, la passion et le potentiel que nous trouvons parmi les jeunes entrepreneurs de la région Asie-Pacifique sont la clé pour résoudre ces problèmes. »

En savoir plus sur le défi pour des modes de vie à faible émission de carbone en Asie-Pacifique, ou lisez le communiqué de presse