24 Feb 2020 Communiqué de presse

La COP13 de la CMS se termine en Inde avec de nouvelles actions majeures pour les espèces migratrices

  • Dix espèces migratrices ajoutées à l'accord mondial sur la faune sauvage, dont l'éléphant d'Asie, le jaguar et la grande outarde indienne
  • La déclaration de Gandhinagar envoie un message fort sur l'importance des espèces migratrices pour la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité

Gandhinagar, 22 février 2020 – La treizième session de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (COP13 de la CMS) s’est conclue aujourd’hui à Gandhinagar, en Inde, avec l’adoption d’un certain nombre de résolutions et de décisions importantes pour répondre aux besoins de conservation des espèces migratrices du monde entier et faire face aux menaces qui pèsent sur elles. 

La COP13 de la CMS a été la première d’une série de réunions internationales liées à la nature qui se tiendront en 2020 et se termineront par la Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique à la fin de cette année, lorsque la nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité sera adoptée pour la prochaine décennie – le Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020.

Mme Amy Fraenkel, Secrétaire exécutive de la CMS a déclaré : « Avec la COP13, l’importance du rôle de la CMS pour la protection de la nature dans le monde a été fortement soutenue. La CMS est particulièrement bien placée pour s’occuper de la conservation des espèces migratrices et de leurs habitats, et pour contribuer à inverser les tendances de la perte des espèces et de la biodiversité dans le monde. »

La COP13 de la CMS a été la plus importante jamais organisée dans l’histoire de la Convention, avec 2550 personnes présentes, dont 263 délégués représentant 82 Parties, 11 délégués de 5 pays non-Parties, 50 représentants d’agences des Nations Unies, 70 représentants d’ONG internationales, 127 représentants d’ONG nationales et plus de 100 journalistes des médias nationaux et internationaux.  

Dix nouvelles espèces ont été ajoutées aux annexes de la CMS lors de la COP13. Sept espèces ont été inscrites à l’Annexe I qui offre la protection la plus stricte : l’éléphant d’Asie, le jaguar, l’outarde de l’Inde, l’outarde du Bengale, l’outarde canepetière, l’albatros des antipodes et le requin océanique.   

L’urial, le requin-marteau commun et le requin-hâ ont été inscrits à l’Annexe II, qui énumère les espèces migratrices ayant un état de conservation défavorable et pouvant bénéficier d’une coopération internationale renforcée et d’actions de conservation.  

De nouvelles actions concertées étendues assorties de plans de conservation ciblés ont été convenues pour 14 espèces. Une liste complète des actions concertées est disponible ici.

La COP13 de la CMS a également adopté la Déclaration de Gandhinagar, qui transmettra un message à la première session de négociation du Groupe de travail à composition non limitée sur le Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 qui se réunira à Rome la semaine prochaine. La Déclaration demande que les espèces migratrices et le concept de « connectivité écologique » soient intégrés et hiérarchisés dans le nouveau Cadre qui devrait être adopté lors de la Conférence des Nations unies sur la diversité biologique en octobre.

Le tout premier rapport sur l’État de conservation des espèces migratrices, présenté à la COP13 de la CMS, montre que, malgré certaines réussites, les populations de la plupart des espèces migratrices couvertes par la CMS sont en déclin. La COP13 est convenue qu’un examen plus complet devra être entrepris pour mieux comprendre l’état de conservation de certaines espèces et les principales menaces auxquelles elles sont confrontées.

« Le premier rapport sur l’état de conservation a été un véritable signal d’alarme pour la Convention, et les Parties ont reconnu l’importance d’une analyse plus approfondie. La COP13 de la CMS a donné un mandat clair pour préparer un rapport phare sur l’état de conservation des espèces migratrices qui nous donnera une meilleure idée de ce qui se passe sur le terrain, et fournira également un outil indispensable pour comprendre où nous devons concentrer notre travail », a déclaré Mme Fraenkel.  

La COP est également convenue d’un certain nombre de mesures politiques transversales pour lutter contre les menaces pesant sur les espèces migratrices :

  • Intégrer les considérations relatives à la biodiversité et aux espèces migratrices dans les politiques nationales en matière d’énergie et de climat et promouvoir les énergies renouvelables respectueuses des espèces sauvages ; 
  • Renforcer les initiatives visant à lutter contre l’abattage, le prélèvement et le commerce illégaux des oiseaux migrateurs ;
  • Atténuer les effets des infrastructures linéaires telles que les routes et les chemins de fer sur les espèces migratrices ;
  • Lutter contre l’utilisation non durable de la viande d’animaux sauvages aquatiques ;
  • Entreprendre un examen des niveaux de prises accessoires de requins et de raies, et poursuivre la mise en œuvre de mesures d’atténuation des prises accessoires de mammifères marins dans les opérations de pêche nationales ;
  • Approfondir notre compréhension de l’importance de la culture et de la complexité sociale des animaux pour la conservation des espèces menacées ;
  • Étudier le commerce éventuel des espèces inscrites à l’Annexe I de la CMS et ses conséquences sur leur état de conservation.   

Trois ambassadeurs de la CMS – pour les espèces terrestres, aviaires et aquatiques – ont été nommés lors de la relance du programme des ambassadeurs de la CMS : le défenseur de l’environnement de renommée internationale Ian Redmond (pour les espèces terrestres), l’exploratrice et environnementaliste primée Sacha Dench (pour les oiseaux) et l’acteur indien et militant écologiste Randeep Hooda (pour les espèces aquatiques). Ils aideront à faire prendre conscience de l’important travail de la CMS et du sort des espèces migratrices.

Sept fervents défenseurs des espèces migratrices ont été reconnus lors d’un événement spécial de haut niveau à la veille de la conférence. Dans le cadre du programme « Champion », l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, Monaco, la Norvège, la Commission européenne et l’Agence de l’environnement – Abou Dhabi ont été reconnus pour leurs généreuses contributions aux initiatives de la CMS. Celles-ci vont de la conservation de la faune sauvage en Afrique à la mise en œuvre de mesures pour préserver les espèces marines. 

L’Agence de l’environnement – Abou Dhabi (EAU) et la CMS ont prolongé leur partenariat d’une décennie pour protéger les dugongs, les rapaces d’Afrique-Eurasie et d’autres animaux migrateurs d’importance régionale. Un accord avec les donateurs a été signé lors d’un événement de haut niveau le jour de l’ouverture de la COP13.

L’Éthiopie a rejoint le Mémorandum d’entente de la CMS sur la conservation des oiseaux de proie migrateurs d’Afrique et d’Eurasie (MdE rapaces). L’Éthiopie est un pays stratégiquement important pour la conservation des rapaces migrateurs étant donné sa situation sur la voie de migration d’Afrique de l’Est, une voie importante pour des millions de rapaces. En outre, le MdE requins compte deux nouvelles organisations coopérantes : Divers for Sharks et Save Our Seas Foundation.

Deux séries de timbres commémoratifs ont été émises à la COP13. La série spéciale de timbres des Nations Uniesreprésentant des espèces migratrices menacées d’extinction est le résultat d’une collaboration entre l’Administration postale des Nations Unies (APNU), la Convention sur les espèces migratrices (CMS) et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES). Lundi, lors de la cérémonie d’ouverture, le Gouvernement indien a également publié une édition spéciale de timbres représentant l’outarde de l’Inde – la mascotte de la COP13.

Cette COP de la CMS était la première à être inaugurée par un chef de gouvernement du pays hôte. Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré que la conservation de la faune sauvage et des habitats fait depuis longtemps partie de l’éthique culturelle de l’Inde. 

L’Inde, en tant qu’hôte de la COP13, assurera la présidence de la COP pour les trois prochaines années. Le Premier ministre indien s’est engagé à se concentrer sur la conservation des oiseaux migrateurs le long de la voie de migration d’Asie centrale, et a annoncé la création d’une structure institutionnelle pour entreprendre des recherches et des évaluations sur la conservation des oiseaux migrateurs, la conservation des tortues marines, la réduction de la pollution due aux microplastiques et aux plastiques à usage unique, les zones protégées transfrontalières et le développement d’infrastructures durables.  

Il a également souligné certains des efforts du pays en matière de conservation des espèces sauvages, notamment pour les espèces emblématiques telles que le tigre, le lion, l’éléphant d’Asie, la panthère des neiges, le rhinocéros unicorne de l’Inde et l’outarde de l’Inde.    

« Le Gouvernement indien et l’État du Gujarat ont été des hôtes exceptionnels de la COP13 de la CMS » a déclaré la Secrétaire exécutive Mme Fraenkel. « L’esprit de ‘Athithi Devo Bhava’ a été ressenti par tous les délégués présents à la conférence et son message sous-jacent – qui a également été traduit dans le thème de la COP13 – résonnera désormais depuis Gandhinagar vers le monde entier : Les espèces migratrices connectent la planète et, ensemble, nous les accueillons chez nous ! » 

Pour des interviews ou plus d’informations, veuillez contacter :

Florian Keil, Coordinateur de l’équipe conjointe chargée de la communication des Secrétariats PNUE/CMS et PNUE/AEWA, Portable : +91 359985289, [email protected]

Veronika Lenarz, Information du public, Secrétariat PNUE / CMS, Portable : +91 6359985291, [email protected]