12 Feb 2020 Communiqué de presse Produits chimiques et déchets

Convention de Bamako : il est temps pour l’Afrique de passer des décisions à l’action en matière de déchets dangereux

Brazzaville, 12 février 2020 – Les Parties à la Convention de Bamako sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontières et la gestion des déchets dangereux produits en Afrique se réunissent à l’occasion de la troisième Conférence des Parties (COP-3) à la Convention. La Conférence se déroule du 12 février au 14 février 2020 à Brazzaville, en République du Congo, et a pour thème : Des décisions à l’action : œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique.

En Afrique, les déchets dangereux constituent une menace importante pour la santé des êtres humains et de l’environnement. Les nations africaines ont longtemps fait face à des accidents impliquant le déversement de déchets dangereux à la suite de leur importation ou de leur déversement pur et simple. Les catastrophes environnementales regrettables causées par le déversement de matières chimiques nocives ainsi que les amas de déchets électroniques menacent la santé des communautés africaines et touchent le continent de manière disproportionnée.

« Le thème de cette conférence est un appel à aller de l’avant et à concrétiser les aspirations que les États membres ont partagées au cours des deux dernières conférences », explique Juliette Biao Koudenoukpo, directrice et représentante régionale du bureau régional Afrique du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). « Cela nécessite un engagement politique renouvelé ainsi que l’élaboration de stratégies, de politiques et de cadres institutionnels pour la mise en œuvre effective de la Convention ».

La COP-3 offrira une plate-forme pour discuter des moyens de passer de la prise de décision à l’action afin que le continent se débarrasse des déchets dangereux et tendent vers une planète dénuée de pollution. La conférence devrait également permettre d’établir une feuille de route pour le transfert du Secrétariat de la Convention à la République du Mali.

  • En août 2006, le cargo Probo Koala a déversé 500 tonnes de déchets toxiques à Abidjan entraînant le décès de 17 personnes et en empoisonnant des milliers d’autres.
  • En 1988, des milliers de barils contenant des déchets dangereux étiquetés comme contenant des matériaux de construction ont été découverts dans le village de Koko, au Nigeria. Plusieurs barils n’étant pas scellés, des fuites ont été constatées et les habitants ont souffert de graves problèmes de santé. 

Créée en 1991 par les nations africaines et entrée en vigueur en 1998, la Convention de Bamako est une réponse à l’article 11 de la Convention de Bâle, qui encourage les parties à conclure des accords bilatéraux, multilatéraux et régionaux relatifs aux déchets dangereux pour contribuer à atteindre les objectifs de la Convention. La Convention de Bamako interdit l’importation en Afrique et le déversement ou l’incinération dans l’océan et les eaux intérieures de déchets dangereux, y compris les déchets radioactifs : la Convention encourage la minimisation et le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux au sein du continent africain. La Convention vise également à améliorer et à assurer une gestion et une manipulation écologiquement rationnelles des déchets dangereux en Afrique, ainsi qu’une coopération entre les nations africaines.

« La gestion des déchets est aujourd’hui l’un des plus grands défis de notre planète et une préoccupation majeure pour nos Etats en raison de ses conséquences sanitaires et environnementales, » a affirmé Joseph Seka Seka, Ministre de l’environnement et du développement durable de Côte d’Ivoire. «  Nous avons la responsabilité collective de sauver et de préserver notre environnement et notre planète commune face aux menaces pour la santé et le bien-être de nos populations et à œuvrer en faveur d’une Afrique sans danger par les produits chimiques et déchets »

Les parties sont censées examiner et adopter la nouvelle liste proposée de substances dont l’enregistrement a été interdit, annulé ou refusé par une mesure réglementaire gouvernementale, ou dont l’enregistrement a été volontairement retiré dans le pays de fabrication, pour des raisons de santé humaine ou d'environnement. 

À l’attention des rédacteurs en chef :

Obtenir plus d'informations sur la COP-3

Accident du Probo Koala : En 2006, un cargo-citerne immatriculé au Panama, affrété par Trafigura, une multinationale de commerce de marchandises, a déversé plus de 500 mètres cubes de déchets hautement toxiques à Abidjan, tuant 17 personnes et en empoisonnant des milliers d'autres. 

Accident survenu à Koko, au Nigeria : En 1988, des hommes d'affaires italiens ont illégalement déversé plus de 2000 barils, sacs et conteneurs remplis de déchets dangereux dans un petit village de pêcheurs du sud du Nigeria. Le négociant a prétendu que ces déchets étaient des engrais destinés à aider les agriculteurs pauvres, mais au lieu de cela, l’incident s’est transformé en cauchemar. Quelques mois plus tard, les conteneurs ont commencé à fuir, provoquant des maux d’estomac, des maux de tête, une perte de la vue et la mort des résidents de la communauté locale. La zone autour de la décharge a été rendue inhabitable et 500 habitants ont été évacués. Les habitants du village de Koko se souviennent encore de cet accident comme celui des « barils de la mort ».

À propos de la Convention de Bamako :

La Convention de Bamako a été négociée par douze nations de l’Organisation de l'unité africaine à Bamako, au Mali, en janvier 1991, et est entrée en vigueur en 1998. La convention interdit l’importation en Afrique ainsi que le déversement ou l’incinération de déchets dangereux dans les océans et les eaux intérieures, établit le principe de précaution et prévoit une gestion saine de ces déchets sur le continent. 

À propos du PNUE

Le PNUE est la principale autorité mondiale en matière d’environnement. L’organisation joue un rôle de chef de file et encourage les partenariats pour la protection de l’environnement en étant source d’inspiration, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures. Le PNUE travaille en collaboration avec les gouvernements, le secteur privé, la société civile et d’autres entités des Nations unies et organisations internationales dans le monde entier. Visitez notre site : https://www.unenvironment.org/fr

Pour plus d’informations et pour organiser des entretiens, veuillez contacter :

Mohamed Atani, responsable régional de l’information, PNUE, Bureau Afrique, tél : +254 727531253.