29 Mar 2019 Story Environment under review

Un paradis retrouvé : Sainte-Lucie préserve sa beauté grâce à la collecte de données et des mesures politiques

Si une seule île méritait la qualification de « paradis », que les brochures touristiques aiment à appliquer à de nombreuses destinations, c’est bien l’île de Sainte-Lucie.

Cette minuscule nation des Caraïbes en forme de larme a tout pour plaire. Plages de sable blanc en croissant de lune et montagnes volcaniques qui se détachent des eaux turquoises. Sa biodiversité éclectique se manifeste en une nuée de couleurs, symbolisée par l’Amazone de Sainte-Lucie, une espèce de perroquet spectaculaire endémique de l’île.

Malheureusement, comme dans de nombreux endroits, les activités humaines menacent cette beauté et les nombreux avantages qu’elle apporte aux êtres humains. Les menaces sont nombreuses : commes les événements météorologiques extrêmes exacerbés par les changements climatiques, la perte d’habitat forestier due au changement d’affectation des terres et la surexploitation des ressources marines.

Comme le prouve le retour de l’Amazone de Sainte-Lucie, ou Amazona versicolor, son nom scientifique, nous sommes capables de faire face à ces défis. Dans les années 1970, on ne comptait plus qu’une centaine de spécimens. Mais grâce à un programme de conservation, la population de l’espèce est maintenant en augmentation. Bien que toujours classé « vulnérable » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, le dernier recensement du perroquet effectué entre 2007 et 2009 a révélé une population stable et viable estimée à 2 258 individus.

Le Gouvernement de Sainte-Lucie, avec le soutien d’ONU Environnement, est déterminé à appliquer ce succès à toutes les ressources naturelles de l’île tout en assurant un avenir meilleur à ses quelque 180 000 habitants.

La nation est signataire de traités mondiaux, dont les trois conventions de Rio : la Convention sur la diversité biologique, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dont relève l’Accord de Paris.

Afin de respecter ses obligations et de concevoir et mettre en œuvre des interventions significatives, le gouvernement doit avoir une idée précise de sa position en termes de données et de politiques requises.

« Si nous poursuivons des initiatives sur le terrain qui garantissent notre survie, il est également important de poursuivre les initiatives souples qui nous permettront de prendre des décisions éclairées concernant les interventions stratégiques nécessaires », a déclaré Annette Rattigan-Leo, responsable du développement durable et des activités environnementales à Sainte-Lucie

En août 2018, l’île a fait un grand pas en avant. En collaboration avec ONU Environnement dans le cadre d’un projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial, le gouvernement de Sainte-Lucie a lancé son premier système national d’information pour la gestion de l’environnement. Des informations sur les trois grands traités sont à la disposition des ministères, du secteur privé, du monde universitaire, les points focaux des traités multilatéraux sur l’environnement et du public. Pour chaque convention, des indicateurs liés à des buts et objectifs politiques plus généraux sont en cours d’intégration afin de faciliter la production de rapports et de traduire les données en informations utiles et exploitables.

« Il s’agit certainement d’un effort encourageant, car cela permettra à Sainte-Lucie de travailler en étroite collaboration avec ONU Environnement », affirme Gale Rigobert, ministre de l'Éducation, de l’innovation, des relations entre les hommes et les femmes et du développement durable. « Nous reconnaissons le rôle crucial que l’information environnementale continue de jouer pour nous aider à respecter nos obligations en matière d’accords environnementaux nationaux et multilatéraux. »

Dans le cadre de ce projet, 17 grands fournisseurs de données environnementales ont signé un accord de coopération pour le développement et l’utilisation du système, garantissant ainsi une vision d’ensemble la plus complète possible. Parallèlement, le projet a permis d’élaborer un ensemble d’indicateurs fondamentaux du développement durable et de l’environnement pour les conventions de Rio, qui découlent toutes directement du Sommet de la Terre de 1992. Selon Teshia Jn Baptiste, qui a géré le projet, le système et l’installation de stockage commun des données associées ont « considérablement amélioré la collaboration entre les secteurs public et privé ».

Ceux qui travaillent sur le terrain espèrent que le nouveau système aidera Sainte-Lucie à tenir ses engagements et à améliorer ainsi la santé de ses écosystèmes.

« Si nous atteignons nos objectifs, les moyens de subsistance des pêcheurs et d’autres personnes dépendant des ressources marines seront préservés en dépit des conséquences des changements climatiques », affirme Allena Joseph, biologiste des pêches au ministère des Pêches de Sainte-Lucie. « Nous pouvons y parvenir en prenant des décisions plus éclairées dans des domaines liés à la conservation de la biodiversité et au renforcement de la résilience. »

Le gouvernement avait précédemment appelé à mettre fin à l'abattage illégal du bois, afin de prévenir la perte d’habitat et les glissements de terrain. Karl Augustine, agent de recherche au département des forêts, estime que le nouveau système contribuera à réparer une partie des dégâts.

« Nous constatons un impact positif sur la cohabitation des hommes et des espèces sauvages et une transition des zones historiquement affectées par la dégradation des sols en forêts », a-t-il déclaré.

« Nous constatons des effets positifs sur la cohabitation des hommes et des espèces sauvages ainsi qu’un processus de transformation de zone historiquement affectées par la dégradation des sols en forêts », se réjouit-il.

Pour des espèces comme l’Amazona versicolor et l’ensemble des habitants de Sainte-Lucie, cela ne peut être qu’une bonne nouvelle.

En savoir plus sur notre travail pour la surveillance de l’environnement

Cet article fait partie d’une série de récits mettant en lumière les travaux de ONU Environnement et publiés dans notre Rapport annuel 2018.