06 Feb 2018 Story Climate change

En Gambie, renforcer la résilience aux changements climatiques

ONU Environnement mettra en œuvre le plus grand projet de développement des ressources naturelles jamais entrepris en Gambie pour aider la nation ouest africaine à lutter contre les conséquences du changement climatique et à restaurer les forêts dégradées, les terres agricoles et les zones côtières.

Financé grâce à une subvention de 20,5 millions de dollars du Fonds vert pour le climat (GCF) et 5 millions de dollars du gouvernement gambien, "le projet d'adaptation écosystémique à grande échelle en Gambie" (EbA) a été lancé en janvier dans la capitale Banjul.

« Ce projet est le plus grand projet de développement des ressources naturelles jamais lancé dans le pays, il est financé par le GCF », annonce Lamin Dibba, le ministre gambien de l'environnement, du changement climatique et des ressources naturelles à ses collègues ministres, représentants de l'ONU et du GCF et d'autres parties prenantes présentes lors du lancement  du projet.

Gambia crops
Grâce à un projet du programme des Nations Unies pour l'environnement destiné à sensibiliser les habitants des zones rurales de la Gambie aux dangers des changements climatiques et à fournir des prévisions météorologiques sur les stations de radio locales, les agriculteurs de la région de Lower River en Gambie plantent davantage de sorgho et d'arachide, capables de survivre à des pluies plus courtes ou des sécheresses plus longues. (Hannah McNeish / ONU Environnement)

Le ministre Dibba a déclaré que le projet visait à renforcer la résilience des populations gambiennes aux changements climatiques rendues de plus en plus vulnérables par une baisse de fertilité des sols et de la productivité agricole dues à la dégradation de l'environnement, à des sécheresses plus fréquentes et plus sévères.

« Les moyens de subsistance de la majorité des Gambiens ruraux s'érodent du fait de l'environnement qui se dégradent et de la diminution des ressources naturelles du pays dont dépend la survie de la plupart de ces communautés », a-t-il affirmé.

« Le projet EbA réhabilitera jusqu'à 10 000 hectares de parcs forestiers et de réserves d'animaux dégradés par le biais du reboisement, de plantations visant à l'enrichissement des sols, de la conservation d'espèces rares ou menacées ainsi que de la restauration de 3 000 hectares de terres agricoles abandonnées et marginales ».

Ce projet d'une durée de six ans devrait bénéficier directement à 11 550 ménages gambiens et potentiellement en toucher indirectement 46 200 autres. Les bénéficiaires seront répartis dans quatre régions cibles situées le long du fleuve Gambie dans un petit pays divisé en sept régions, dont plus de la moitié seront des femmes.

Weather station
Un centre de prévision météorologique à Basse, capitale de la région fluviale de la Haute-Gambie, est l'un des dix endroits qui disposent maintenant d'un équipement automatique qui retourne à une base centrale grâce à un projet des Nations Unies pour aider les pays pauvres et largement ruraux à augmenter leur résilience aux changement climatiques à la suite de chocs météorologiques croissants. (Hannah McNeish / ONU Environnement)

« Le projet aura recours à l'adaptation écosystémique à grande échelle - une approche rentable et à faible risque pour l'adaptation - afin de renforcer la résilience des communautés rurales gambiennes aux changements climatiques et facilitera le développement d'une économie durable basée sur les ressources naturelles à l'intérieur et à proximité des terres agricoles, des réserves forestières gérées par la communauté et des aires de conservation de la faune », affirme Ermira Fida, coordinatrice du Fonds vert pour le climat d'ONU Environnement.

« Un projet de ce type et de cette ampleur n'a pas de précédent en Gambie. De plus, il s'agit d'un domaine émergent dans l'adaptation au changement climatique », a-t-elle ajouté.

Pa Ousman Jarju, directeur de la division de la programmation par pays du GCF, a déclaré que le projet renforce l'intégration du gouvernement dans l'adaptation au changement climatique à tous les niveaux de gouvernement.

« Je suis heureux de voir que cela reste une priorité majeure du gouvernement, dans un pays dont 40% de ses exportations et 26% de son produit intérieur brut dépendent de l'agriculture », a-t-il dit.

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