29 Jun 2018 Story Green economy

Cette start-up indienne transforme les déchets en trésor

Reuters

Plus de 100 000 tonnes de déchets sont générées chaque jour en Inde. La capacité maximale des décharges a été atteinte et les déchets qui s'accumulent continuellement contaminent les ressources naturelles comme le sol et les eaux souterraines.

Pour mettre fin à ce cercle vicieux du consumérisme et de l'élimination des déchets, Shailaja Rangarajan, 41 ans, basée à Bangalore, la troisième plus grande ville d'Inde, trace la voie vers un consumérisme conscient. Alors que la gestion des déchets est généralement considérée comme un processus de tri et de recyclage, elle fait un pas de plus en faisant la promotion des déchets, appelé « upcycling ».

« Je faisais du bénévolat dans le domaine de la gestion des déchets solides de ma résidence et ensuite au niveau de la municipalité. Je m'occupais du tri et de l'acheminement des déchets vers des unités de recyclage ou pour le compostage et je me demandais toujours pourquoi nous produisions ces déchets », explique Shailaja Rangarajan.

« Ca n'est pas parce-que je recyle que c'est une excuse pour consommer autant et tout jeter ensuite », ajoute-t-elle. « Il est important de prendre du recul et de changer nos habitudes de consommation. À l'heure actuelle, le volume de déchets est énorme et "l'upcycling" est une voie à suivre. »

Grâce à cette entreprise, Rimagined, les déchets et les rebuts tels que les vieux vêtements, les plastiques, les pneus usagés, le verre cassé, les morceaux de bois et même les emballages en plastique multicouche comme les packs de jus sont transformés en produits élégants qui peuvent être achetés en ligne ou dans un magasin de vente au détail .

Cette idée de réutiliser les déchets trouve ses racines traditionnelles dans son pays, affirme Shailaja Rangarajan. « Le concept de "l'upcycling" n'est pas nouveau en Inde. Il est ancré en nous en tant qu'individus. Traditionnellement, nous ne jetons pas les vêtements sans les utiliser à d'autres fins. Par exemple, nous les utilisons comme des chiffons et des torchons jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus être utilisés. »

Qu'il s'agisse d'accessoires de mode et de décoration, d'articles de papeterie ou du mobilier, Rimagined propose une large gamme de produits fabriqués à partir de ressources disponibles capables de réduire la quantité de déchets produits. Aussi innovants qu'artistiques, les produits commercialisés par la start-up intéressent aussi bien les personnes soucieuses de l'environnement qui souhaitent réduire la quantité de déchets qu'ils produisent et celles qui souhaitent acheter quelque chose d'unique pour leur maison ou leur garde-robe.

Depuis son lancement en 2016, l'entreprise a développé plus de 300 produits originaux fabriqués à partir de déchets. 200 produits créés par d'autres initiatives sont également en vente. Selon Rimagined, 30 tonnes de déchets ont été transformées en produits utiles et élégants.

Créer des produits commercialisables à partir de déchets n'est pas facile. Le processus implique des étapes difficiles comme la collecte des déchets, le tamisage, le tri, le nettoyage et enfin la conception du produit. Des notes écolo sont également attribuées à chaque produit, fournissant ainsi des informations supplémentaires à l'acheteur telles que le taux de décomposition ou son empreinte environnementale.

« Nous ne créons pas le produit avant de collecter les déchets grâce auxquels il sera fait, car cela ne résoudrait pas le problème et encouragerait un certain type de gaspillage. Au contraire, d'abord, nous recevons des déchets et ensuite nous réfléchissons à ce qu'il faut en faire, en fonction de ce qui est disponible. Beaucoup d'efforts sont donc nécessaires, il faut faire des recherches, jouer avec le matériel et concevoir avant la transformation », ajoute Shailaja Rangarajan.

L'entreprise est également fortement investie dans le bien-être de ses travailleurs. Ils bénéficient d'un emploi responsable et les femmes  des communautés rurales se voient offrir des opportunités et un moyen de subsistance. Elles acquièrent également des compétences afin d'être intégrées dans la main-d'œuvre traditionnelle.

Shailaja Rangarajan est actuellement en train de former un groupe de femmes dans différentes villes spécialisées dans le traitement de déchets spécifiques et dans la création de certains produits. Par exemple, à Calcutta, une main-d'œuvre entière est dédiée à travailler uniquement à transformer des jeans et les convertir en tapis, tapis et sacs.

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