10 Sep 2018 Press release Climate change

L'examen global de l’action climatique révèle un dynamisme croissant, un déplacement des responsabilités et des opportunités manquées.

NAIROBI, 10 septembre 2018Un nouveau décompte de l’action climatique mondiale pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre montre une grande diversité d’engagements des acteurs non étatiques et infranationaux capables de soutenir et même devancer les gouvernements dans leurs réductions d'émissions.

L'examen exhaustif dressé par ONU Environnement, publié aujourd’hui en amont du Sommet mondial d’action pour le climat (GCAS), souligne le rôle crucial des acteurs non étatiques pour réduire les émissions et atteindre les objectifs climatiques.

Qu’il s’agisse d’administrations municipales ou régionales, d’entreprises, d’investisseurs, d’établissements d’enseignement supérieur ou d’organisations de la société civile, les acteurs non étatiques s’engagent de plus en plus à prendre des mesures climatiques audacieuses. En effet, comme la plupart des gouvernements nationaux ne respectent pas leurs promesses d’une meilleure politique climatique (énoncées dans l’Accord de Paris), ces efforts apparaissent de plus en plus comme un élément clé pour atteindre les objectifs mondiaux en matière d'émissions.

Le rapport constate qu’au total, ces engagements représentent une réduction prévue de 1,5-2,2 gigatonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (GtCO2e) d’ici 2030.

Cependant, bien que cet examen fasse état d’un potentiel encourageant et qui pourrait s’amplifier, elle révèle également des défis liés au suivi, à l’établissement de rapports et à la coordination. Un manque de participation et de facilitation de la part du gouvernement limite encore l’impact global de ces engagements pour la réduction globale des émissions de CO2.

L'examen global des engagements mondiaux montre que la portée et le rythme de l’action climatique des entités infranationales ont atteint des proportions historiques au cours des trois années écoulées depuis la signature de l’accord de Paris. Au total, l’étude examine plus de 183 initiatives de coopération internationales et des milliers d’acteurs non étatiques répartis dans 7 000 villes, 133 pays et réalisés par plus de 6 000 entreprises du secteur privé. Grâce à une analyse de la répartition géographique, sectorielle et fonctionnelle, le rapport révèle un vaste potentiel entravé par une mise en œuvre limitée.

« Les villes, les états, la société civile et le secteur privé peuvent devenir la ressource nécessaire pour orienter le monde sur la voie de la réduction des émissions de CO2 », a déclaré Erik Solheim, directeur exécutif d’ONU Environnement.

« Mon message aux gouvernements et aux décideurs du monde qui soutiendraient cet élan est le suivant : le temps de la rhétorique politique est terminé. Le monde a un besoin urgent de dirigeants dotés du courage politique nécessaire pour agir. Les acteurs non étatiques redoublent d’efforts, mais ils ont besoin de l’engagement du gouvernement pour combler l’écart entre les promesses nationales et les mesures pour réduire les émissions. Le moment est venu de faire le nécessaire pour enfin faire face à notre nouvelle réalité climatique. »

Outre la réduction des émissions, l’étude souligne le rôle croissant des acteurs non étatiques en tant qu’incubateurs et accélérateurs de nouvelles stratégies à faibles émissions. Les auteurs du rapport ont constaté que même si ce secteur manque de structure coordonnée, les initiatives individuelles sont de plus en plus considérées comme un terrain d’essai pour le développement et la diffusion de technologies.

Les acteurs non étatiques mettent souvent en œuvre une action climatique par le biais de réseaux rassemblant les engagements et inventaires climatiques individuels (par exemple, C40 Cities for Climate Leadership), ou par des coalitions plus larges aux niveaux national et international. Au cours des deux dernières décennies, le nombre de ces coalitions a considérablement augmenté, souvent en concordance avec les principaux événements climatiques internationaux tels que le Sommet des Nations Unies pour l’action climatique organisé en 2014 et la Conférence de Paris sur le climat en 2015.

La plupart du temps, ces coalitions d’acteurs non étatiques choisissent les secteurs connus pour avoir un potentiel d’atténuation élevé : notamment les secteurs de l’énergie, de l’industrie, de la foresterie, des transports, de l’agriculture et du bâtiment.

Les auteurs du rapport soulignent que la réussite et la crédibilité des acteurs non étatiques sera garantie grâce à leurs engagements et à l’adoption de bonnes pratiques en matière de gouvernance d’action climatique : les participants ont besoin de capacités pour atteindre leurs objectifs, le leadership doit être efficace, les financements durables et les objectifs doivent être bien définis. Enfin, la transparence est cruciale pour permettre le contrôle de l’efficacité, de l’efficience et de la crédibilité.

A L’ATTENTION DES JOURNALISTES

À propos du rapport :

Bridging the Emissions Gap: The Role of Non-state and Subnational Actors est une version préliminaire du chapitre sur les acteurs non étatiques et infranationaux du prochain rapport 2018 d’ONU Environnement sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d’émission.

Télécharger l'examen complet

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