14 Jun 2017 Actualités Environmental rights and governance

Des dégâts environnementaux en hausse à travers l’Afrique, mais les pires impacts peuvent encore être évités à condition que les gouvernemen...

Libreville, Nairobi, Québec, 14 juin 2017- Les profonds changements environnementaux enregistrés dans le monde, en particulier en Afrique, se produisent à un rythme plus rapide que prévu, et appellent à une action immédiate de la part des gouvernements pour renverser la tendance. C’est ce qui ressort de l’Évaluation pour l’Afrique du 6ème Rapport sur l’avenir de l’environnement mondial publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, et qui fait autorité en ce qui concerne les études sur l'état de l'environnement mondial.

La version française de cette évaluation de référence est le fruit d’une collaboration étroite entre le Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

L’appui de l’OIF, à travers son organe subsidiaire l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), va permettre aux pays africains qui partagent la langue française d’accéder à cet important rapport.

Selon la Secrétaire générale de la Francophonie, Madame Michaëlle Jean, ce Rapport  permettra aux décideurs et chercheurs francophones de bénéficier des meilleures données disponibles, en faveur d’un développement capable de fournir à l’Afrique  la qualité de vie à sa population.

Le 6ème Rapport sur l’Avenir de l’environnement mondial se compose de six évaluations régionales distinctes qui fournissent une revue très détaillée des problèmes environnementaux touchant chacune des six régions du monde : la région paneuropéenne, l'Amérique du Nord, l'Asie et le Pacifique, l'Asie occidentale, l'Amérique latine et les Caraïbes ainsi que l'Afrique. Ces évaluations ont impliqué 1 203 scientifiques, des centaines d'institutions scientifiques et plus de 160 gouvernements.

L’évaluation régionale GEO-6 pour l’Afrique arrive à un moment important. Elle dresse un portrait complet des enjeux environnementaux qui ont un impact sur le développement économique et social de l’Afrique. Elle offre aussi des solutions en vue de préserver et valoriser le capital naturel de l’Afrique en vue de l’atteinte des  objectifs de l’Agenda 2063  et de l’Agenda 2030 en vue d’un développement durable.

Pour le Programme des Nations Unies pour l’environnement représenté par son Directeur Régional pour l’Afrique, le Dr Juliette Biao Koudenoukpo : « Avec ces évaluations, ONU Environnement met à la disposition des États et des différents acteurs les dernières indications fiables sur l'état de l'environnement ainsi que des outils pour anticiper et éviter les dégâts infligés à notre planète. Si les tendances actuelles se poursuivent et que le monde ne parvient pas à adopter des solutions qui améliorent les modes actuels de production et de consommation, si nous échouons à utiliser les ressources naturelles de manière efficace, nous allons vers un avenir incertain. Il est donc essentiel que nous comprenions le rythme du changement environnemental et que nous commençons à travailler avec la nature plutôt que contre elle. »

Secteurs prioritaires en Afrique et principales constatations:

  • Qualité de l'air: la pollution de l'air, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, pose un problème majeur pour le continent, aussi bien pour l'environnement que pour la santé humaine. Environ 90% des personnes en Afrique subsaharienne sont exposées à la pollution de l'air dans les maisons, ce qui affecte les économies et les moyens de subsistance tout en contribuant à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
  • La qualité et l'accès à l’eau douce: les économies en expansion en Afrique entraînent une demande accrue en eau douce, mais la quantité et la qualité diminuent en raison de la surexploitation, du changement climatique et de la pollution, alors que dans le même temps la population croissante va entraîner une diminution des ressources en eau renouvelables. Toutefois, la proportion de la population ayant accès à l’eau potable augmente et est passée de 64% en 2005 à 68% en 2012, bien que le nombre absolu de personnes sans accès à l’eau potable reste élevé. Plus de la moitié de la population en Afrique subsaharienne n'a toujours pas accès à un assainissement amélioré, contre 90% de couverture en Afrique du Nord, avec une grande différence entre les zones urbaines et rurales.
  • Dégradation des terres: Avec une superficie continentale de 30 millions de kilomètres carrés, l'Afrique est le deuxième plus grand continent après l'Asie. Les terres constituent  donc l'atout le plus précieux de l'Afrique pour la production alimentaire, la santé nutritionnelle et le développement économique. Malgré son importance, environ 500 000 kilomètres carrés de terres sont dégradés par l'érosion des sols, la salinisation, la pollution et de la déforestation. Cette dégradation des terres peut affecter négativement la productivité agricole, la nutrition et la santé humaine.
  • Commerce illicite de la faune: le commerce illégal de la flore et de la faune sauvages est un problème mondial, mais il pose de graves risques économiques et de sécurité pour l'Afrique. Le commerce illicite de la flore et de la faune endommage les écosystèmes et les moyens d'existence en milieu rural et menace la stabilité nationale et régionale.

Recommandations générales pour l'Afrique:

  • Les gouvernements doivent adopter une approche de gestion durable du capital naturel.
  • La diversification du portefeuille de l'énergie et l'utilisation du vaste potentiel d'énergie renouvelable non exploité auraient des avantages environnementaux et économiques évidents pour le continent.
  • Les gouvernements devraient renforcer les pratiques de gestion des ressources.
  • S'assurer que la croissance et l'exploitation futures des ressources naturelles sont résistantes au climat (résilientes).
  • Accroître la coopération intergouvernementale pour améliorer et coordonner les réponses politiques.