08 Jul 2020 Récit Nature Action

Soutenir la riposte à la COVID-19 en Haïti

Haïti n’est pas étrangère aux défis de toutes sortes. Au cours d’une année type, un ménage haïtien moyen pourra être confronté à de multiples chocs, comme par exemple des ouragans, des inondations, des maladies, des décès, le chômage ou tous ces facteurs combinés.

Pour certains Haïtiens, la COVID-19 n’est rien que la dernière de ces crises. Pourtant c'est une crise grave.

Même avant la pandémie, près de 59 % de la population haïtienne vivait dans la pauvreté, 23,8 % dans l'extrême pauvreté et plus de 60 % était incapable de subvenir à ses besoins essentiels.

Parmi tous les défis auxquels les Haïtiens sont confrontés, les chocs sanitaires sont ceux qui pèsent le plus sur les revenus des ménages. En raison de l’accès limité de la population aux assurances ou au crédit, de nombreuses familles se débrouillent en empruntant de l'argent, en vendant leurs biens ou en retirant leurs enfants de l'école. Les pauvres ont encore moins d’options : faire face à la pandémie peut avoir des conséquences négatives à long terme et implique une diminution de leur approvisionnement en nourriture, l’épuisement de leurs économies ou l’éloignement de leurs proches.

Au-delà du mandat du PNUE

Depuis 2017, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) travaille en partenariat étroit avec la Direction nationale de la protection civile d’Haïti, et développe des systèmes d'alerte précoce pour réduire les risques de catastrophes, en particulier dans les petites îles du sud du pays, très peuplées, exposées à des tempêtes avec des vents allant jusqu’à 300 kilomètres à l'heure.

À proprement parler, la réponse à une pandémie ne fait pas partie du mandat du PNUE qui consiste à soutenir le ministère de l’Environnement d’Haïti.  Mais lorsque la COVID-19 a frappé, le bureau de Port Salut a pris la décision d’œuvrer au-delà de sa portée habituelle. 

A ban on informal work activities could adversely impact household incomes. Photo by: UNEP Haiti
L'interdiction des activités dans le informel pourrait avoir un impact négatif sur les revenus des ménages. Photo : PNUE Haïti

Jean-Max Milien, responsable du programme Haïti du PNUE, déclare : « La COVID-19 a repoussé toutes les limites. Notre capacité d’adaptation, le fait que nous soyons prêts et disposés à faire tout ce qui est nécessaire, n’est pas seulement importante dans le cadre de notre travail. Ce principe sous-tend la relation que nous entretenons avec le peuple haïtien ».

Le PNUE à Haïti a soutenu les institutions nationales dans la mise en œuvre de leurs plans de réponse et de protection, en les aidant à intégrer les risques de pandémie, en particulier en ce qui concerne l’assainissement. L’organisation travaille également en étroite collaboration avec les communautés locales, en soutenant ses partenaires pour les sensibiliser et mettre en place des mesures d’atténuation.

Les défis uniques d’Haïti

Les limitations strictes des déplacements et l’adoption généralisée de mesures d’assainissement, la réponse apportée dans de nombreux autres pays touchés par la COVID-19, ne sont pas aussi évidentes en Haïti.

La majorité des Haïtiens gagnent leur vie grâce à un travail informel comme la pêche, les services directs ou la vente dans la rue, une interdiction de ces activités serait non seulement difficile à imposer, mais elle pourrait également paralyser les revenus des ménages. Selon la Banque mondiale, une réduction de 20 % de la consommation des ménages pourrait faire basculer un million de personnes supplémentaire dans la pauvreté et 2,5 millions de personnes dans l’extrême pauvreté.

Dans le même temps, l’accès à l’eau et à l’assainissement est, au mieux, disparate. Même dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, par exemple, seuls 55 % de la population environ a accès au réseau public d’eau. Et alors que l’accès à l’eau courante et à d’autres sources d’eau améliorées augmente pour les 20 premiers habitants des zones rurales, il diminue pour le reste de la population rurale.

Photo by: UNEP Haiti
Photo : PNUE Haïti

De simples interventions qui ont les effets voulus

Le PNUE Haïti et ses partenaires, la Direction de la protection civile et la Pêche Artisanale et Développement Intégré, ont commencé par le simple geste de se laver les mains. Et ce n’est pas seulement ce geste qui était simple.

 

Des unités pour le lavage des mains ont été construites à partir de seaux d’huile de cuisson réutilisés, équipés de robinets et de tuyaux. Un producteur local a installé 1 200 points pour le lavage des mains tout en formant les membres de la communauté à construire le même type d'unités dans les zones marines protégées de Port-Salut, Saint-Jean-du-Sud et de la Cahouane. Les communautés sont maintenant équipées pour répliquer cette initiative et équiper les unités de lavage des mains d'eau et d’eau de javel lorsque cela est nécessaire.

Pour encourager leur utilisation, ces points dédiés au lavage des mains sont situés aux endroits où les communautés se réunissent le plus fréquemment : associations locales, magasins, restaurants, hôtels et routes principales, assurant ainsi leur accès même aux personnes les plus isolées. Les seaux réutilisés comportent également des messages, encourageant la population à se laver les mains et à réduire leur risque d'infection. En avril, un camion équipé de matériel sonore a diffusé les mêmes messages alors qu'il se déplaçait chaque jour pour informer les communautés situées à l'intérieur des terres et sur le littoral.

Ces simples interventions sont non seulement efficaces et rentables, mais elles permettent également de faire respecter son devoir de prudence du PNUE, en n’exposant aucun partenaire ou personne à des risques inutiles lors de la mise en place de la campagne. De plus, en raison de leur petit budget, des fonds supplémentaires restent disponibles et permettront au PNUE d’apporter un soutien supplémentaire, au cas où la maladie atteindrait un pic.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Gabriel Gelin : gabriel.gelin@un.org

 

 

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